18 avril 1979

Quelques lignes du siècle passé, retrouvées aujourd’hui dans un carnet.

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J’écoute le vent au-dehors, l’oreille ouverte la vie close, le vent qui râle en un tendre mourir dans les ombres des arbres. J’écoute le brame du vent de Gascogne! Vers midi, je suis sorti sentir la pluie sur les carreaux de mes lunettes. C’était une de ces petites pluies fines, que d’habitude on range, sans se laisser pénétrer par elle, dans le tiroir-mot étiqueté bruine. Bruine, cela ressemble à brume. J’étais venu m’embrumer l’âme sous les embruns de la brume. Il bruinait sur ma vie et la brume bouchant la rue semblait boucher mon existence. Le temps avait bien suspendu son vol! Par la nostalgie mon coeur touchait l’humide éternité. Quelques feuilles mortes demeurées là depuis le dernier automne roulaient à terre, affolées et insensées. Le vent…oh, le vent ! Epoumoné, le vent souffle en mon âme, au lieu de sa monotone mélopée coutumière, un poème de Francis Jammes – gardez-vous de prononcer à l’américaine ce nom pour éviter que je vous gronde – : « Le vent triste ».


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